lundi 18 novembre 2013

La marina de Mindelo Porto Grande


 

 L’ile a été découverte le 22 janvier 1462 jour de la Saint Vincent, d’où son nom. Le port et le mouillage de Porto Grande compte parmi les meilleurs ports de l’Atlantique Est, protection totale du vent de Nord ouest au sud en passant par l’est, le mouillage est en général calme quoique très venté, nous en avons fait l’expérience depuis notre arrivée.

Mindelo est la seconde ville du Cap Vert avec près de 72 000 habitants.

L’ancienne jetée en ruine a été réhabilitée, une jetée en béton sur pilotis a été construite, elle est prolongée par des pannes flottantes  pouvant accueillir plus de 120 bateaux.

Sur les forums, les avis sur cette marina de Mindelo sont souvent partagés.

Nous avons bien apprécié l’ambiance qui y règne, ambiance de grand voyage, ambiance de passage. Les équipages discutent et se côtoient  pendant un certain temps, puis chacun de son côté poursuit son voyage et son aventure. Beaucoup partent sur les Antilles, d’autres le Brésil, d’autres plus loin encore ou plus longtemps.

Nous passons beaucoup de temps au bar de la marina en compagnie de Loulou, Françoise et Catherine, sœur de Loulou venue passer quelques jours avec eux sur ces iles du Cap vert.

Le bar propose des plats du jour à 500 escudos, monnaie du Cap vert, soit environ 5 euros. Quand nous n’avons pas envie de nous casser à la tête à préparer le repas, c’est là que nous mangeons. Le soir ces repas sont agrémentés de groupes venus interpréter de la musique locale ou des chansons capverdiennes.


Sorbet Mangue-banane. Hummm!


Au bar de la marina

A midi ce sera lasagnes


Pâtisseries locales
 

La nuit s’avançant, nous regagnons en annexe DIONYSOS qui nous attend bien sagement en tirant sur son mouillage dans la baie.

Dans la baie, les nuits sont en général très ventées avec une accalmie sur le matin, le bateau ne roule que très peu, le fond est de bonne tenue, le sommeil peut être profond et réparateur.



DIONYSOS au mouillage
 

samedi 16 novembre 2013

Santo Antaao


 
Vendredi 15 novembre 2013

Ce matin lever de bonne heure, à 6 heures 30, nous ne sommes plus habitués à nous lever si tôt. Le jour se lève à peine et le mouillage de Mindelo est encore calme.

Toilette et petit déjeuner rapide, mise à l’eau de notre annexe et direction la marina.

Nous retrouvons Françoise, Catherine et Loulou pour prendre ensemble le ferry, destination l’ile de Santo Antaao.

Il ne faut pas être en retard, car le ferry MAR D’CANAL de la société ARMAS est toujours à l’heure, et souvent même en avance de quelques minutes.

Embarquement sur ce ferry bien fatigué, et destination l’ile d’en face de Santo Antaao.

Après 1 heure de navigation pour franchir le canal de Sao Vicente, nous voici sur une ile totalement différente de celle où nous sommes depuis plus d’une semaine.

Sur le ferry, un rabatteur nous a déjà sollicité pour la location d’un minibus conduit par son père, quelques négociations sur le prix, un coup de téléphone et le chauffeur et son minibus nous attendait sur le quai d’en face.

Joachim, chauffeur de taxi de son état, un peu cultivateur et un peu éleveur, promène les touristes fraichement débarqués du ferry pour leur faire connaitre son ile.

Nous embarquons donc pour un grand tour du nord de cette ile montagneuse.

Ici aussi l’érosion liée au volcanisme ont façonné ces vallées vertigineuses et ces pics acérés.

La route est constituée de pavés de roche volcanique. Elle gravi la montagne par des à-pics et des surplombs impressionnants.

Au fur et à mesure de la montée, la température se fait plus fraiche et la végétation change. Désertique dans le bas, la végétation devient plus riche vers les hauteurs. Quelques cultures de maïs, patates douces,  sont pratiquées en terrasses.  Pas de mécanisation possible, tout se fait à la main.

Et partout des gosses, dans les petits villages traversés, le long de la route, dans les champs.

Plus bas, de retour vers la côte, ce sont les cultures de bananes, de papayes, de manioc. L’ile de Santo Antaoo fournis en fruits et légumes l’essentiel des commerces et des marchés de l’ile de Sao Vicente et Mindelo sa capitale, d’où la nécessité absolue du ferry, véritable cordon ombilical entre ces iles.

A midi une pose déjeuner, chez qui…, devinez ?

La fille de Joachim qui nous reçoit fort aimablement dans sa maison dont une pièce au r-d-c à été transformée en petite salle à manger agréable.

Repas typique, simple mais suffisant. Dessert une banane de production locale, grand café super concentré, petit grog (rhum vieux), nous sommes prêts à reprendre la route vers Porto Novo.

Le retour se fera par la route côtière qui longe dans sa totalité cette côte rocheuse, hostile, où les vagues et la houle de l’atlantique vient se fracasser avec force sur ces roches noires, érodées.

Quelques pêcheurs tentent leur chance depuis les falaises à l’aide d’immenses gaules de bambous.

Le retour se fera par le même ferry, toujours aussi ponctuel, nous serons débarqués à notre point de départ à 18 heures précises.

Nous avons passé une super journée dans des paysages impressionnants.

Le tourisme de masse tel que nous le connaissons en Europe avec tout ce que cela comporte, n’est pas encore arrivé jusque dans ces iles. Il est certain que cette forme de tourisme est un apport non négligeable de revenu pour la population. Le contact avec les gens est encore vrai, sincère et accueillant, les habitants montrent une réelle satisfaction à nous recevoir. Françoise a même pouponné le nourrisson de 4 mois de la fille de Joachim une bonne partie du repas, à la grande satisfaction de la mère ravie et du grand père Joachim.

Souhaitons que toute cette authenticité  perdure et ne soit pas dénaturée par des investisseurs souvent étrangers, dont le seul but est la rentabilité de leur entreprise et la rémunération de leurs actionnaires au détriment de tout cet aspect humain.
Sur le ferry

Loulou, Catherine, Françoise, et Phil

Sortie du ferry, entrée des artistes??

Le mini bus

Des terres déchiquetées

A l'ombre, sous un arbre

Maison traditionnelle

Des crêtes accérées


Des ravins profonds
 





 





 
Très profonds

mardi 12 novembre 2013

Un peu d’histoire


L’histoire des iles du Cap vert est assez récente, puisque en 1462 quand Antonio da Nola les découvrit, elles étaient inhabitées.

 Ensuite, c’est toujours la même histoire, personne ne savait quelles existaient, et du jour au lendemain tout le monde les voulait, les anglais, puis les espagnols, puis les portugais et même les français en 1712.

Pendant plusieurs décennies les Iles du Cap vert, associées avec la Guinée portugaise (actuellement Guinée Bissau) ont été administrées jusqu’en 1878 en tant que colonie par le Portugal.

Le Cap vert fut une escale régulière de toutes les flottes comme port de ravitaillement en charbon des bateaux allant vers l’Amérique du sud.

L’ouverture des canaux de Panama, de Suez et la fin des bateaux à vapeurs signèrent la courte période de prospérité de ces iles.

Puis en 1951 le cap vert est devenu un territoire d’outre mer du Portugal et tous les capverdiens eurent la nationalité portugaise complète.

Dirigé par Amilcar CABRAL, une action pour l’indépendance à débutée, d’abord conjointement avec la Guinée Bissau, puis de façon isolée.

Comme Amilcar CABRAL n’avait pas que des amis, il fut trucidé en 1973. La révolution des œillets en 1974 leur accorda l’indépendance, bien satisfait de se défaire de ces bouts de rochers si loin de leurs côtes portugaises.

Le Cap Vert devient une république autonome le 5 juillet 1975 et se rapprocha de l’URSS et de Cuba.

Mauvaise pioche, s’il était resté territoire d’outre mer, il ferait partie intégrale de l’Europe et bénéficierait de ses largesses, comme le font nos TOM français.

Mais, ça c’est l’histoire et on ne la refait pas.

Une vie de chien à Mindelo


 Et puis, dans les rues, devant les maisons et les jardins publics, à l’ombre ou au soleil partout des chiens, des chiens allongés de tout leur long sans soucis des voitures ou des gens qui passent, sans soucis de toute cette agitation qui ne les concerne pas.

Ces chiens ne semblent appartenir à personne, ils sont là, tranquilles dans le paysage.

A certains endroits à l’ombre, une bouteille en plastique coupée avec de l’eau leur sert d’abreuvoir public pour chiens.

Sans race déterminée, de couleur jaune ou légèrement tachetés de plus sombre, ils ne sont pas gras, mais pas maigres non plus, personne ne leur porte attention, ils sont là.

Une vie de chien sous les tropiques.
 
 
Quoi???

Chien actif


Devant la banque Rantanplan monte la garde

Chien pompiste

Enfin presque...

Mis soleil-mis ombre

Sacré soleil qui tourne sans cesse

Chien gardien de filets de pêche

Chien relaxxx.

lundi 11 novembre 2013

Dimanche 10 novembre 2013

Première journée sur l'ile de Sao Vicente et premier repérage de Mindelo.
Nous mettons l'annexe à l'eau et nous dirigeons vers les installations de la marina qui accepte leur gardiennage moyennant 4 euros par jours.
C'est cher, mais nous préférons assurer la sécurité et ne pas se retrouver en fin de journée à faire du bateau stop pour rejoindre notre bord.


Ca souffle fort sur le mouillage


Dans les rues de Mindelo


Le rocher ilheu dos passaros, en face ilha de santo Antaao


Propagande à la soviétique



C'est une maison bleue....



L'entrée de la marina (c'est écrit)



L'annexe au ponton de la marina



Réplique de la tour de Belem


Une épave à fleur d'eau


Vue de la marina


Des bateaux au mouillage, de véritables épaves


La plage de Mindelo


Le mouillage
La première impression est tout à fait mitigée.
Ce n'est pas l'Europe, ce n'est pas l'Afrique. C'est le Cap Vert, le dépaysement total.
Les rues sont propres, les maisons entretenues, des petits commerces partout et des gosses, des gosses et des jeunes.
Beaucoup sont oisifs, assis sur les bancs à l'ombre d'un arbre, ou simplement couchés au sol sur le trottoir.
On ressent vraiment que l'emploi est le problème majeur de cette ile. La pauvreté de certains de ces habitants est sensible. La débrouille et les petits boulots sont vitaux. Nous sommes sans cesse sollicités pour un petit job ou service qui pourrait nous être rendu sur le bateau.
Nettoyage de la coque, lavage du linge réalisée par la mère d'Umberto. Umberto que nous avons connu sur la digue d'accès et qui nous a expliqué  qu'il a travaillé durant 19 ans sur les bateaux de passage, mais c'est retrouvé sans emploi le jour de la construction de la marina qui a recruté ces propres employés. Un drame pour lui.
Nous repèrerons les services dont nous allons avoir besoin durant notre séjour ici, police pour les formalités d'entrées, étant arrivés un samedi ce service est fermé le WE, immigration, super marché où nous pourrons finir l'avitaillement avant notre traversée sur les Antilles...
Nous ferons une grande balade dans les rues de cette ville avant de rencontrer Françoise et Loulou du bateau Skreo que nous avions connus à Santa Cruz de Tenerife. Nous finirons la soirée au bar de la marina devant un plat local arrosé d'un vin blanc du Portugal et d'un vieux rhum de l'ile, accompagnés d'une soirée musicale avec chansons Capverdiennes. Retour sur DIONYSOS en pleine nuit, sans lumière évidement.

 
 
 

samedi 9 novembre 2013

Réflexion sur la navigation de plaisance :


 
Les grandes traversées océaniques font rêver beaucoup de monde. Les exploits des grands navigateurs relayés par les médias ont marqués les esprits et une traversée de l’atlantique est maintenant considérée comme tout à fait banal.

Certains l’ont réalisé en planche à voile, à la rame ou tout autre moyen de transport flottant, y compris les plus incongrus.

Avec Irène nous avons cédé à ce rêve, voyant principalement les eaux bleues turquoise des lagons Antillais et leurs plages de sable blanc.

Mais aux Antilles, ses lagons et ses plages, il faut y arriver et ce n’est vraiment pas chose facile pour nous simples terriens de Colomiers.

Tout d’abord nous ne connaissons pas l’océan, ce milieu liquide et cette immensité.

Cette sensation s’apparenterait presque à du vertige face à cette immensité.

Passer sur une planche de 50 cm de large sur 5 mètres de long posée au sol, tout le monde le réalisera sans la moindre crainte ni appréhension.

Que l’on pose la même planche à 10 mètres du sol, peu de gens arriveront à la franchir, pourtant c’est la même planche, la même distance à réaliser, le même risque de poser le pied à coté.

Devant l’océan, nous pouvons dire qu’il en est un peu de même.

Les petites navigations méditerranéennes que nous avons réalisées jusqu’à lors étaient la planche posée au sol, la côte n’est jamais très loin, des ports et des abris sûrs partout.

Là nous sommes dans une autre dimension et sans éprouver la peur de ces étendues, il y a une sorte de vertige qui nous tenaille, permanent.

Certains pourront se demander pourquoi notre récit est séquencé de nuit en nuit.

Le coucher de soleil et crépuscule sont des moments charnière de notre journée.

Le bateau est préparé pour la nuit, réduction des voiles, rangement de tout ce qui pourrait trainer sur le pont et dans le carré.

La nuit qui arrive est particulièrement stressante, même si un coucher de soleil est toujours changeant et magnifique.

Le bateau fonce sur des eaux entièrement noires, sans vision possible de ce qu’il y a devant, sinon de la confier à un instrument, le RADAR. Sans savoir si un obstacle ou un OFNI (objet flottant non identifié) baleine, tronc d’arbre flottant ou autre, ne viendrait terminer irrémédiablement la course de DIONYSOS vers les lagons couleur turquoise, les plages de sable blanc et le rêve.

Et puis oui, il y a aussi la peur, soyons honnêtes.

Peur de toute cette eau, peur de cette météo changeante, peur des vagues qui grossissent et qui nous ballotent sans ménagement, peur des tempêtes comme on peut les voir dans les films, peur de tous ces animaux inconnus qui peuplent les grands fonds et qui sont certainement à l’affut de ces 2 humains osant s’aventurer sur leur domaine, en définitive peur de l’inconnu.

Nous tentons cette aventure à deux sans savoir exactement ce qu’il en est.

C’est une aventure hauturière, mais aussi humaine et une aventure de couple : faire à deux quelque chose qui sorte des sentiers battus.

Nous avons décidé de le faire, cela demande beaucoup de courage et de ténacité.

Nous allons tout faire pour la mener jusqu’au bout, c'est-à-dire finir la grande boucle que nous avons commencée, on ne laisse pas les choses inachevées.

Par contre, après en avoir parlé entre nous lors des moments calmes, je ne pense pas que nous retenterons une telle expédition, du moins pas pour l’instant…

Les côtes de la Méditerranée sont très belles, leur histoire riche et omniprésente.

De plus nous ne sommes pas les marins professionnels super entrainés tels que montrés dans les médiats et qui réalisent ces exploits sur des bateaux spécialement conçus pour ces navigations hauturières.

Nos bateaux sont des bateaux de plaisance faits pour de petites navigations l’été, par grand beau temps, le temps des vacances, le corps enduit de crème solaire.

On ne fait pas le DAKAR avec une TWINGO faite pour se rendre à son travail ou faire les courses au super marché local. Cette TWINGO le fera mais à quel prix et quelle pénibilité pour le véhicule et son chauffeur.